Avertissement.

Chers lecteurs, parfois les textes se jouent des ordres que je voudrais pourtant leur donner et s'affichent dans des tailles variables, à leur gré. Je ne prétendrais pas exceller dans le print mais c'est moins catastrophique que dans le numérique!!!

mercredi 18 mars 2015

WE DID IT!



Après Mayence, on réinvente l’imprimerie à Montereau ! Et c’est avec une petite fierté non dissimulée que je peux enfin vous donner à voir les étudiants de design graphique s’essayant à la typographie. De belles promesses créatives ; une sacrée aventure qui commence !





Ça y est, on a inauguré la Roulotte ! Mais qu’est-ce que c’est que cette grosse boîte qui ne pourrait pas vraiment rivaliser avec les belles armoires multimédia (en fer !) qui peuplaient il y a peu nos salles de classe ? La Roulotte est un atelier mobile. Elle contient un kit d’initiation à la typographie. Dedans il y a tout ce qu’il faut, ou presque, pour jouer au plomb. Quelques casses extraites de ma petite collection et tous les outils utiles à la composition – la presse n’est pas intégrée ! On y trouve des instruments en plusieurs exemplaires pour partager telle activité : 4 composteurs, autant de pinces brucelles, des typomètres et plans de casse plastifés, 4 petites galées de la même facture que leur contenant – si je débute dans la typo, n’abordons pas mes talents d’ébéniste ! Il ya aussi des châssis soudés par un copain facteur de piano (TRANSVERSALITÉ) des serrages et une clé forgée en Angleterre (si, si !), quelques lingots et 3 ou 4 jeux d’interlignes, du rabe de blancs (pour un supplément d’espaces), un carreau de grès-céram’ du plan de travail de ma cuisine (couleur chocolat) collé sur un bout d’agglo pour travailler l’encre, des fonds de pots d’encre offset, couteau et rouleau, enfin des chiffons et de l’essence mais ça il ne faut pas le crier sur les toits… Et voilà.




C’est sommaire mais ça suffit pour sensibiliser les élèves aux joies de l’imprimerie aux caractères mobiles. Alors on l’a fait.

C’était une première, il me fallait tenter l’expérience pédagogique et tester un dispositif de classe ; il y a encore des réglages, c’est le lot de mon travail. Pour l’instant, la dimension créative est relativement pauvre si ce n’est dans la création de texte très sympas mais que nous n’avons pu réaliser encore tant ils sont un peu longs pour une initiation. Les perspectives créatives sont immenses côté compo mais aussi dans les associations futures avec la gravure (lino), le gaufrage, la reliure – autant de travaux auxquels les étudiants ce sont essayés indépendamment mais que nous n’avons pas encore réunis. Chaque chose en son temps.

Voici, en exclusivité, les premières photos de l’activité organisée avec les 1ères  années ; Estienne a du plomb… dans l’aile ; HERE WE COME ! – j’invoque Plantin et les Moretus ; pour ceux qui n’auraient pas encore lu mon premier article, parce que quand même j'avais bien bossé là-dessus...


 
 

 
Attention, il y a une faute parmi ces trois images; qui ne tient pas son composteur correctement – et ce n'est même pas la gauchère du groupe – ? 

Sur les images du haut et du bas, ça compose en corps 6. Ce n'était pas un cadeau. Aussi, ce groupe a commis son premier "pâté" en tentant de verser le premier bloc; celui-ci s'est écroulé ruinant le travail minutieux et faisant poindre quelques légitimes frustrations! 
 
 
 Autant c'est rigolo de piocher dans la casse et justifier quelques lignes, autant le moment du transfert du bloc dans sa galée est plus tendu. Celui qui a le courage d'opérer doit supporter la pression de ses camarades de compo! Surtout si les lignes ne sont pas correctement – et également – alignées sur la justification. Dans la cas contraire, le bloc fuit par en dessous et s'effondre!
 

Une fois la compo terminée, on peut la serrer entre des lingots qu'on bloque dans le châssis; c'est la forme imprimante. Celle-ci doit se tenir parfaitement; on doit la soulever et la déposer sur la table de la presse pour impression...

Et voilà le travail! Bon, on ne s'est pas préoccupé de mise en page ni de format. On a là quelques lignes composées en  Caravelle italique c 12. Elles sont les seules que les étudiants ont eu le temps d'encrer cet après-midi. Ce n'est pas du Alde Manuce mais ce premier moment n'en demeure pas moins magique! Il aura fallu aussi corriger deux ou trois coquilles dues à quelques mélanges d'intrus dans la casse repérés après la première épreuve.

Malheureusement, tout pris que j'étais par la conduite de l'activité, je n'ai pas photographié toutes les étapes... On était "pressé" en fin de séance!!! Enfin voici tout de même quelques tirages de phrases improvisées à partir du vocabulaire donné; d'autres textes vraiment excellents sont à paraitre, nous les publierons avec joie!

 
 
Il nous reste à acquérir – à moins qu'on ne la fabrique avant avec les élèves de maintenance – une presse à épreuve. Ici, on a roulé sur une presse taille-douce. La hauteur était un peu juste et l'entrainement du plateau assez délicat. Aussi, le résultat n'en est que plus gratifiant!

 
 
Enfin on nettoie, on range le matériel et surtout on "distribue" les types utilisés dans leurs cassetins; il s'agit aussi d'intégrer les règles de l'atelier! On réserve quelques autres blocs bien au chaud dans un châssis pour reprendre l'ouvrage plus tard car il y aura des suites, et passionnantes de surcroit!

Bravo aux typos en herbes!

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Tant qu'on y est et parce qu'il existe heureusement d'autres expériences qui m'inspirent, une autre roulotte et ses nouveaux "enfants de la balles" qui font encrer petit et grands dans leurs escales typographiques: la Draw Draw mobile, à découvrir ici!!! Respect. 
 
 






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